La
Salamandre est un animal discret pendant la
saison estivale, son territoire étant
d’ailleurs assez restreint (10 à
150 m² d’après Joly 1968).
Les sorties sont nocturnes, surtout après
une pluie ; ensuite, l’animal regagne
son gîte, constitué par une anfractuosité
dans le sol ou situé sous une pierre.
Les sorties estivales sont liées à
la recherche de la nourriture qui se compose
de Vers, Mollusques et Myriapodes comme nous
avons pu le constater en examinant les contenus
stomacaux d’animaux écrasés
sur le bord d’un chemin forestier dans
l’Est de la France.
La
voracité des Salamandres adultes est
confirmée par le fait qu’elles
capturent des Lombrics de 15 à 20 cm
de longueur.
Au
cours de l’année, deux périodes
d’activité plus importante sont
notées ; l’une au printemps correspond
à la période de ponte principale
et on rencontre des Salamandres en bordure
des ruisseaux ou des flaques d’eau ;
la deuxième période, automnale,
est souvent liée à la recherche
des partenaires en vue de la reproduction.
Les accouplements ont lieu entre septembre
et mai selon les régions ; bien décrit
par J. Joly, le comportement reproducteur
de la Salamandre tachetée présente
quelques particularités par rapport
à d’autres espèces d’Amphibiens.
Tout
d’abord, l’accouplement a lieu
sur le sol. Après différentes
postures, le mâle se glisse sous la
femelle, dépose son spermatophore puis,
par un déplacement de la partie postérieure
du corps, il laisse la femelle s’abaisser
et appliquer son cloaque sur le spermatophore.
La
fécondation n’a pas lieu immédiatement
et le sperme est conservé dans le réceptacle
séminal des femelles.
Les
salamandres sont ovovivipares et les larves
ne se libèrent de leur enveloppe qu’au
moment de la parturition (espèces de
plaines) ou avant celle-ci (espèces
d’altitude). C’est à partir
de l’automne et jusqu’au printemps
que les femelles recherchent les ruisselets
forestiers pour y déposer leurs larves.
Celles-ci, trente à quarante par femelle,
nagent immédiatement et sont pourvues
de branchies externes.
On
les distingue des larves de Tritons par la
présence de petites taches jaunes à
la base des pattes antérieures et à
celle des pattes postérieures. Extrêmement
voraces, elles consomment des Tubifex, Chironomes
et autres animalcules. En fin de vie larvaire,
on peut rencontrer plusieurs dizaines d’individus
dans de petits trous d’eau. C’est
à cette période qu’apparaît
le cannibalisme ; les jeunes larves de Salamandres,
en consommant des individus de leur propre
espèce, accroissent non seulement leur
taille, mais en plus accélèrent
leur métamorphose. Selon les régions,
elles quittent le milieu aquatique 4 à
6 mois après la parturition, puis deviennent
terrestres. Leur croissance post-métamorphique
semble assez lente.
Durant
l’hiver, jeunes et adultes entrent en
vie ralentie, mais l’hivernage n’est
pas profond et dès que la température
est favorable les animaux sortent de leur
retraite.